C O N C L U S I O N.

A travers les diverses situations que je décris, on constate que les participants se mettent en scène dans l'atelier de musicothérapie, à la mesure de leurs désirs et de leurs possibilités, et arrivent à dire quelque chose d'eux-mêmes et de leur singularité par le biais de l'expression sonore.
On constate également que ces personnes sont amenées à se transformer un peu, à appréhender le sonore et leur sonore d'une manière différente dans le cadre de cette relation particulière que nous avons ensemble, et qu'une élaboration personnelle, aussi ténue soit-elle, se fait jour au fil des séances pour chacun d'entre eux. Je m'enrichis quant à moi par les enseignements que je tire de cette pratique, et par les interrogations qu'elle ne manque pas de susciter en moi.

Pour ce qui est du mémoire en lui-même, j'ai conscience des erreurs et des lacunes, tant dans la forme que sur le fond, qui ne manqueront pas d'apparaître. J'ai laissé sans doute des zones d'ombres, délaissé certaines situations, en attachant trop d'importance à d'autres.
Mais ce travail est avant tout un témoignage d'une pratique de la musicothérapie à un moment donné de mon histoire, et ne vise ni la certitude ni la perfection.

Je me suis souvent référé à des concepts tel que ceux d'environnement maternant, d'objet contenant et de ritualisation, parce qu'il me semble que ces personnes déficientes qui nous montrent quotidiennement leurs difficultés d'exister, leurs angoisses et leur souffrances, sont aussi en souffrance d'une relation humaine, humanisante. Je mets ainsi volontairement l'accent sur une relation de ce type, fondée sur la confiance et la disponibilité, et qui laisse une grande place au jeu et à l'échange. Cette relation, avec le temps, permet au sujet une médiatisation de ses affects, un possible aménagement de son propre monde intérieur, et, partant, un rapport différent avec la réalité partagée et avec les autres.