La disponibilité et l'écoute.

J'essaye d'être très attentif à ce qui se passe sur le plan sonore, et de me laisser prendre émotionnellement par cette production sonore. Lorsque c'est une simple pulsation, j'essaye de danser discrètement avec elle, de la ressentir avec mon corps. C'est ma manière de recevoir cette musique et de la faire exister.

Disponibilité et qualité de l'écoute sont peut-être les qualités essentielles que doit posséder le musicothérapeute. La disponibilité est effective lorsqu'on ne se donne pas de but. Il n'y a pas de présupposé à avoir, pas d'attentes particulières à nourrir vis à vis du patient. D. W. Winnicott évoque " une sorte de crédit ouvert à la personnalité non intégrée " :
" Peut-être faut-il admettre qu'il y ait des patients qui ont, à certains moments, besoin que le thérapeute remarque le non-sens qui est part de l'état mental de l'individu au repos, sans même que le patient éprouve le besoin de communiquer ce non-sens, c'est à dire sans qu'il éprouve le besoin de l'organiser. Le non-sens organisé est déjà une défense, tout comme un chaos organisé est le déni d'un chaos. Le thérapeute qui ne peut recevoir cette communication s'engage dans une vaine tentative, s'il essaye de trouver une organisation quelconque à ce non-sens. Le résultat sera que le patient quittera l'aire du non-sens, s'il perd tout espoir de pouvoir le communiquer. L'occasion de se reposer a été manquée en raison du besoin éprouvé par le thérapeute de trouver un sens là où il y a non-sens. Le patient a été incapable de se reposer en raison d'une défaillance de l'apport de l'environnement qui a annulé le sentiment de confiance. Le thérapeute a, à son insu, abandonné son rôle professionnel et il l'a fait en revenant au rôle de l'analyste intelligent qui veut mettre de l'ordre dans le chaos. ".
Cette capacité d'écoute, capacité à se laisser surprendre, à accueillir ce qui vient ou ne vient pas, est importante.
C'est aussi une manière de signifier à ces patients que ce qui vient d'eux est bon, positif, valable.