L'invitation au jeu.

Je vois dans mon travail de musicothérapeute un rôle de soutien, d'encouragement, d'incitation au jeu. Dans un premier temps, certains patients restent en retrait. Ils sont présents, écoutent et participent, sans toutefois s'autoriser à jouer. On peut les y inviter sans bien évidemment les brusquer de quelque manière que ce soit.
J'ai dans mes groupes des personnes qui ne jouent pas, ou très peu. Il faut respecter cette attitude, savoir attendre que peut-être la capacité ou le désir de jouer adviennent. Ou qu'ils n'adviennent pas. Mais je leur propose de temps en temps d'utiliser les instruments.

Dans les temps de jeu collectif, j'interviens pour aider un patient qui a du mal à se faire entendre: je vais alors le soutenir dans son jeu en me déplaçant et en jouant avec lui, tout en continuant à être attentif à la production sonore du groupe.
J'essaye d'organiser le son du groupe sans pour autant trop intervenir ; j'utilise différents moyens pour éviter que ce son se fige et se transforme en une implacable pulsation : j'interpelle un participant en lui proposant un échange vocal ou instrumental, par exemple, auquel il répondra peut-être, et qui permettra d'introduire dans le jeu une autre couleur sonore.