Mon expression personnelle actuelle: je joue donc je suis.

Je joue parfois des mélodies mais j'aime pouvoir tirer de l'instrument toutes sortes de sonorités, pas forcément belles ou agréables, (quoiqu'on puisse discuter longtemps de la notion du beau et de l'agréable), des sonorités brutes, pouvoir improviser complètement et librement, utiliser le saxophone comme le prolongement de mon corps, de mon souffle, de mes idées musicales.
Je joue pendant mes moments de loisir, et je me demande parfois pourquoi je passe tant de temps à jouer et à travailler mon instrument, alors que je pourrais bien pratiquer des activités plus calmes et plus relaxantes. J'ai un peu le sentiment d'avoir une dette à payer, une mission à accomplir, d'avoir gaspillé beaucoup de temps dans ma jeunesse, d'avoir trop tâtonné.
Ainsi, cette urgence à jouer du saxophone est toujours présente. C'est le plaisir que je ressens en jouant qui me motive, le plaisir d'exister et de le faire partager : sentir bouger son corps qui s'implique, ses muscles, ses doigts, transmuter ce souffle vital en hymne à la vie. Car les mots ne suffisent pas à exprimer toutes les émotions que nous ressentons.