Le métallophone alto et la voix.

Pendant les six séances suivantes, Herbert utilise différents instruments, dont le métallophone alto. Extrait d'une séance :
Herbert joue fort, lentement, avec une seule mailloche : il parcours le registre du grave vers l'aigu, et inversement, en utilisant une pulsation régulière. Il fait sauter les lames, interrompt sa mélodie pour les remettre. Il m'explique qu'il a voulu imiter les cloches. Je lui réponds que cela me fait penser à de la musique traditionnelle d'Extrême-Orient. En effet, intuitivement, il joue à peu près une gamme pentatonique. Mon commentaire semble lui convenir.
Pendant les improvisations collectives, Herbert utilise sa voix : Sylvette chante une chanson simple avec une pulsation au carillon, je rentre dans son jeu et joue avec elle. Au bout d'un moment, j'émets un " ou " chanté et tenu avec ma voix. Herbert intervient avec un " ou " qu'il chante également. Je fais varier la mélodie, et Herbert reprend à son tour. D'autres personnes participent à cet échange vocal. Je me tais un peu, et je m'aperçois qu'à son tour Herbert propose un autre motif mélodique vocal. Je lui réponds, et lui continue à inventer des motifs simples qu'il fait durer avec sa voix.
Herbert n'hésite pas à prendre des initiatives, et se montre très actif.
En commentaire, Herbert me dit qu'il aime bien la voix.

La semaine suivante, Herbert reprend le métallophone alto, et commence sa présentation sonore comme la semaine précédente, avec une seule mailloche, lentement, avec une intensité modérée. Il joue spontanément une mélodie pentatonique, monte dans le registre des notes aiguës et redescend dans le registre des graves. Je l'écoute avec attention, sa musique est posée, sereine.
Il me dit ensuite que la dernière fois, je lui avais dit que sa musique ressemblait à de la musique orientale. Il me dit que c'est également de la musique orientale qu'il a voulu faire aujourd'hui.
Je lui réponds que j'ai entendu un discours musical bien posé, bien espacé, qui respirait, qu'il a pris son temps, et que lui-même me donne l'impression d'être détendu, de bien respirer.
En improvisation collective, je chante un son simple en le faisant durer, et je demande à chacun de faire la même chose. Herbert s'efforce de répondre exactement aux sons proposés, même pour des sons plus longs et plus difficiles à tenir.
En commentaire, Herbert me dit : " On se défoule, c'est bien ! " . Je lui réponds : " Oui, on s'exprime ".